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Entreprises chinoises en France

 
 
 
            

Trois entreprises chinoises participeraient à la restructuration d'Areva en crise
 

Le 23 avril 2015, le vice-premier ministre du Conseil des affaires d'Etat Ma Kai a rencontré, au pavillon Ziguangge à Zhongnanhai, Jean-Bernard Lévy
 
EDF tend la main pour aider Areva

Selon un reportage du New York Times daté du 19 mai, Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF, a dit que son groupe souhaitait acquérir les opérations relatives aux réacteurs nucléaires d'Areva, mais qu'il était trop tôt pour parler du prix de rachat.

C'est à la réunion annuelle des actionnaires de l'entreprise que Jean-Bernard Lévy a fait ces propos. Selon lui, le fait qu'EDF a l'intention de reprendre les opérations relatives aux réacteurs nucléaires d'Areva marque le commencement prochain de la réorganisation de l'industrie nucléaire française. Il soumettra cette proposition dans les jours qui viennent au PDG d'Areva Philippe Varin, pour acquérir les opérations des réacteurs nucléaires au prix du marché.

« Notre groupe proposera un prix raisonnable dans l'intérêt de nos actionnaires », a affirmé Jean-Bernard Lévy dans une interview accordée à la radio française Europe 1.

Selon une source citée par Reuters, le prix du rachat, très difficile, est évalué entre 2 et 3 milliards d'euros (entre 2,2 et 3,3 milliards de dollars).

Le gouvernement français possède presque 87 % des parts d'Areva, une entreprise publique considérée comme le plus grand fabricant de réacteurs nucléaires dans le monde, et qui surpasse toutes les autres entreprises dans le domaine nucléaire mondial. Elle mène des opérations notamment dans l'exploitation, l'extraction et la vente de combustible nucléaire, la fabrication de réacteurs et le recyclage des déchets.

EDF, la plus grande société d'électricité de France, une entreprise publique détenue par le gouvernement à 84,5 %, dépasse largement Areva de par son ampleur. En 2014, EDF a réalisé un chiffre d'affaires de 73 milliards d'euros (81,2 milliards de dollars), tandis qu'Areva n'en a réalisé que 8,3 milliards d'euros (9,2 milliards de dollars). Grâce à ses hauts revenus, EDF est en mesure de garantir la construction de centrales nucléaires d'un montant de plusieurs milliards de dollars.

La participation d'entreprises chinoises à la réorganisation d'Areva reste à confirmer

Dans une interview accordée au journal Le Figaro, Jean-Bernard Lévy a jugé qu'une reprise globale des réacteurs nucléaires serait le meilleur moyen de préserver les technologies et les talents d'Areva et qu'EDF, l'actionnaire majoritaire, permettrait aux autres investisseurs français et étrangers de prendre une participation dans le capital de l'entreprise. Un peu plus tôt, EDF avait présenté à Areva un projet d'admission d'un millier d'ingénieurs de réacteurs nucléaires.

Selon un quotidien français, CGN et CNNC, qui entretiennent une coopération depuis de longues années avec Areva, adoptent tous deux une attitude ouverte à toute forme de coopération avec Areva, y compris la création d'une entreprise à capitaux mixtes et l'injection de fonds dans l'entreprise. DEC, quant à lui, s'intéresse à ses équipements tels que les générateurs et se prononce favorable à la création d'une entreprise à capitaux mixtes.

Selon plusieurs sources souhaitant rester anonymes, Areva adopterait une attitude ouverte à une prise de participation éventuelle de CGN et de CNNC et Philippe Varin, président du conseil d'administration d'Areva, penche pour cette solution. La proportion des actions détenues par les entreprises chinoises ne dépasserait pas 10 %.

Mais selon d'autres reportages, Rémy Autebert, directeur pour l'Asie d'Areva, a dit que l'entreprise n'envisageait pas une participation d'entreprises chinoises. « Il semble que la participation d'entreprises chinoises n'est pas prise en considération, bien que le projet définitif de la réorganisation n'ait pas encore été annoncé. Je dirais immédiatement oui si le projet était envisagé, car je suis chargé des affaires en Chine. Dans le futur, Areva pourrait coopérer avec la Chine par la création d'une entreprise à capitaux mixtes », a-t-il déclaré.

Pour lui, étant donné qu'Areva est une entreprise publique française détenue à 87 % par le gouvernement, le projet de réorganisation le plus probable est un rachat de parts par le gouvernement français.

La coopération nucléaire sino-française dans une nouvelle ère

Ayant réalisé des performances remarquables dans le domaine de l'exportation nucléaire mondiale, Areva se trouve confronté à une crise financière profonde. La plus importante raison en est le développement stagnant de l'électricité nucléaire au niveau mondial après la catastrophe de Fukushima en 2011, qui a gravement compromis les opérations en chaîne d'Areva.

Deuxièmement, Areva privilégie beaucoup la technologie nucléaire EPR, en estimant que celle-ci représente le courant principal du futur. Bien que la Chine, la Finlande et la France aient chacune une centrale nucléaire utilisant cette technique, deux de ces centrales, en Finlande et en France, ont connu un grand retard dans les travaux de construction avec des dépenses dépassant les budgets. L'achèvement de la centrale Olkiluoto en Finlande ayant été retardé, Areva devra verser au pays un dédommagement d'un milliard d'euros (1,1 milliard de dollars).

Enfin, les nombreuses commandes annulées, dont Areva attendait beaucoup, ont conduit à la rupture de sa chaîne de financement.

A présent, Areva compte 5 entreprises à capitaux mixtes et 2 filiales à capitaux exclusivement étrangers, et fait travailler plus de 850 employés. Areva a participé en Chine à l'approvisionnement en uranium naturel, à la livraison du combustible nucléaire, aux services aux centrales nucléaires en service et à la construction de nouvelles centrales.

La coopération nucléaire sino-française a débuté il y a plus de 30 ans. La France est le premier grand pays occidental à avoir engagé une coopération nucléaire avec la Chine. Les deux pays ont signé, lors de la visite en Chine du premier ministre français Manuel Valls en janvier 2015, 11 accords de coopération, dont celui conclu entre CGN et EDF qui a attiré une grande attention. Selon cet accord, les deux parties mèneront une coopération axée sur les techniques de l'électricité nucléaire dans des domaines spécifiques ou sur des sujets de recherche.

Ces dernières années, les techniques nucléaires ne cessent de progresser en Chine, et des géants nucléaires étrangers tels qu'Areva envisagent leur coopération avec la Chine sous un angle nouveau.




Source: china.org.cn
Mis à jour le 26-05-2015