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La croissance de l'innovation en Chine bénéficiera au monde entier
 

 
L'accélération de l'innovation en Chine a pris une ampleur historique et s'attache à l'augmentation du niveau de vie pour tous.

Le Comité central du Parti communiste chinois et le Conseil d'Etat ont publié conjointement un document important encourageant le peuple à surmonter les obstacles institutionnels et psychologiques pour accélérer le développement axé sur l'innovation, une impulsion qui sera accompagnée d'un cadre institutionnel et juridique approprié d'ici 2020.

Ces changements signifient la libre circulation des talents, des capitaux, des technologies et des connaissances, l'accélération de la protection des droits de propriété intellectuelle, l'ouverture des industries à la concurrence du marché et l'amélioration de la concurrence pour soutenir les petites et moyennes entreprises.

Avant même le moment prévu par les observateurs, la Chine passera d'un statut d'« usine du monde » à une « plaque tournante mondiale de l'innovation ». Les conséquences s'en ressentiront dans le monde entier.

Le plus récent indice mondial de l'innovation classait la Chine au 35e rang, derrière la Malaisie, la Lettonie et le Portugal. Toutefois, la comparaison entre un pays de 1,37 milliard d'habitants avec d'autres comptant une population de 20 à 30 millions de personnes donne lieu à des interprétations erronées. En Chine, le niveau d'innovation diffère selon les régions. Les plus grandes villes du pays sont déjà en concurrence pour attirer les investissements étrangers dans la recherche et le développement, ainsi que dans les services commerciaux, tandis que l'investissement dirigé vers le secteur manufacturier se déplace dans les villes de taille moyenne.

En effet, depuis le début des années 1990, la croissance chinoise a été alimentée par une augmentation des investissements dans la R & D. Cette année, la R & D devrait représenter près de 2,2 % du PIB chinois.

Aujourd'hui, la Chine parvient même à contester la position dominante de la Silicon Valley dans l'accueil des plus grandes entreprises Internet du monde, avec deux entreprises (Tencent et Baidu) parmi les dix plus grandes en termes de recettes dans les médias numériques, et quatre entreprises parmi celles qui connaissent la croissance la plus rapide (notamment Qihoo et Sina).

Les introductions en bourse illustrent ce phénomène. En 2012, Facebook a levé des fonds de 16 milliards de dollars en entrant en bourse, sur un capital total de 21,5 milliards de dollars. Pourtant, cela n'est rien en comparaison avec l'entrée en bourse record de 25 milliards de dollars d'Alibaba, dont la valeur a été estimée à 231 milliards de dollars.

En moyenne, les capacités d'innovation de la Chine sont en train de rattraper celles de pays avancés comme les Pays-Bas et la Belgique et, plus récemment, les grandes économies de la zone euro, comme la France. Au cours de la dernière décennie, la part des dépenses en R & D de la Chine dans le PIB a été multipliée par 15, tandis qu'elle a diminué en Europe (-1 %) et en Amérique du Nord (-6 %).

En substance, les efforts d'innovation de la Chine ont été vus précédemment au Japon et parmi les « tigres » asiatiques. Mais jamais à cette échelle. En cela, les efforts de la Chine sont historiques.

Dans ses mémoires, l'ancien premier ministre de Singapour Lee Kuan Yew, qui est décédé il y a quelques semaines, rappelle comment la minuscule ville-Etat est parvenue à laisser derrière elle son statut de petite colonie pour devenir une économie de classe mondiale entre 1965 et 2000. Aujourd'hui, Singapour compte 5,3 millions d'habitants. Malgré sa population bien plus importante, avec 1,37 milliard de personnes, la Chine espère atteindre le même résultat en une seule génération. Les effets de contagion potentiels seront d'une tout autre ampleur.

Si l'on se fie aux taux actuels d'investissement en R & D et de croissance économique, la Chine pourrait dépasser l'Europe en dépenses totales de R & D à la fin des années 2010 et les Etats-Unis d'ici 2020.

La Chine a désormais choisi une voie de développement qui encourage l'investissement dans l'innovation. Mais le contexte du développement tiré par l'innovation restera différent de celui connu par l'Occident. Dans les grandes économies émergentes comme la Chine, le niveau de vie est beaucoup plus faible que dans les économies avancées. Par conséquent, le but de l'innovation, par l'entreprenariat populaire et l'innovation de masse, est d'élever le niveau de vie des gens ordinaires avant toute chose.

Dans les économies avancées, les vagues les plus importantes d'innovation se sont produites au 19e siècle et au début du 20e siècle, avec la première et la seconde révolution industrielle, qui ont considérablement changé le niveau de vie. En revanche, la « troisième révolution industrielle » qui a eu lieu après les années 1970 n'a pas permis d'inverser le déclin de la productivité et de la croissance dans les économies avancées.

Lorsque le niveau de vie est plus faible, l'innovation a tendance à se concentrer davantage sur les innovations pratiques qui aident à sortir les gens de la pauvreté, plutôt que sur les innovations de luxe qui offrent des distractions à quelques privilégiés.

C'est précisément pour cette raison que l'innovation chinoise détient un potentiel pour bien plus que les secteurs des nouvelles technologies et des nouvelles industries. Elle offre la promesse d'un monde meilleur pour nous tous, pas seulement pour certains d'entre nous.



Par Dan Steinbock, directeur de recherche en commerce international à L’Institut américain sur la Chine et l’Inde (Etats-Unis) et chercheur invité à l’Institut de Shanghai des hautes études internationales (Chine) et au Centre sur l’Union européenne (Singapour).





Source: china.org.cn
Mis à jour le 20-04-2015