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La Chine ne cherche pas à avoir un rôle dominant dans l'AIIB
 
Contrairement aux Etats-Unis qui imposent une présence prépondérante dans les organismes de prêt mondiaux existants, la Chine, qui a eu l'idée de créer la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB), ne cherche pas à tenir un rôle dominant dans le processus décisionnel de l'institution.

Suite à la publication d'un article dans le Wall Street Journal affirmant que la Chine avait proposé de renoncer à son droit de veto au sein de l'AIIB pour convaincre plus de pays de se joindre à la création de la nouvelle banque, un haut fonctionnaire chinois du ministère des Finances et un porte-parole du ministère des Affaires étrangères ont démenti toute information relative à la décision de la Chine d'avoir un droit de veto ou d'y renoncer.

En tant que banque de développement multilatérale inclusive, l'AIIB accueille tous les membres de la communauté internationale, et une participation croissante signifiera que les parts détenues par chaque membre seront diluées.

La récente vague d'enthousiasme des pays occidentaux pour l'AIIB, dont le siège social se trouvera à Beijing, n'est en aucun cas due à un leurre avancé par la Chine, mais bien une prise de conscience que la nouvelle banque a devant elle un brillant avenir, étant donné la grande expérience de la Chine dans le développement des infrastructures, la quantité colossale de fonds nécessaires pour répondre au besoin de meilleures infrastructures en Asie, ainsi que le poids de plus en plus important de l'Asie dans l'économie mondiale.

L'enthousiasme pour l'initiative de la Chine est aussi en partie dû à une frustration quant aux réformes attendues depuis longtemps au sein des organismes de prêt existants comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).

La répartition des droits de vote dans ces organisations, qui découle des piliers fondamentaux du système de Bretton Woods, est considérée depuis longtemps comme obsolète, car elle ne reflète plus la réalité de la scène économique mondiale.

Depuis le début de la crise financière de 2008, la Banque mondiale et le FMI ont engagé des réformes pour donner aux économies émergentes une plus grande voix au chapitre, mais ces efforts ne sont apparemment pas du goût des Etats-Unis, qui exercent de facto un droit de veto dans les deux organisations.

La proposition du FMI en 2010 d'augmenter les quotas des membres sous-représentés n'a ainsi pas pu être mise en œuvre, car le Congrès américain n'a jamais ratifié le texte.

L'AIIB s'inscrira en complément plutôt qu'en concurrente des banques de développement existantes, et l'émergence de l'institution pourrait grandement encourager les réformes de la Banque mondiale et du FMI.

Au lieu de critiquer l'établissement prometteur de l'AIIB, les Etats-Unis seraient plus avisés de promouvoir les réformes de la Banque mondiale et du FMI, s'ils ne veulent pas courir le risque de se retrouver dans un grand amphithéâtre avec une audience réduite.





Source: china.org.cn
Mis à jour le 27-03-2015