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Plusieurs pays d'Europe veulent rejoindre la banque asiatique d'investissement
 

Cérémonie de signature du mémorandum sur la création de la Banque asiatique d'invesstissement pour les infrastructures.
 
Le site du journal britannique Financial Times a rapporté le 17 mars que la France, l'Allemagne et l'Italie ont décidé de suivre l'exemple du Royaume-Uni et de rejoindre l'initiative chinoise de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (abrégée en banque d'investissement asiatique), portant un coup dur à la tentative des Etats-Unis d'arrêter les grands pays occidentaux de se joindre aux efforts de la banque.

Le ministère chinois des Finances a déclaré que ceux qui veulent rejoindre les membres fondateurs de la banque doivent l'annoncer formellement avant le 31 mars 2015, afin de s'engager à participer au processus d'établissement de la banque. D'un point de vue procédural, les membres fondateurs seront sollicités sur une période de deux semaines sur les candidatures des nouveaux Etats, et ne pourront être acceptés que s'il y a consensus. C'est-à-dire que si les règles en vigueur sont appliquées à la lettre, la date limite de candidature pour devenir membre fondateur avant le 31 mars est aujourd'hui, le 17 mars.

Plusieurs sources diplomatiques ont confirmé au journal 21st Century Business Herald que la première réunion de travail de la banque asiatique de développement aurait lieu dans un pays d'Asie centrale à la fin du mois de mars. Chaque membre fondateur pourra ainsi discuter pour la première fois des questions clés relatives à cette initiative multilatérale.

Actuellement, la répartition des droits de vote de la banque est au cœur des débats. Il s'agit désormais de décider si la candidature britannique déclenchera une vague d'adhésion de pays extérieurs à la zone, ou s'il faudra prévoir un nouveau tour de scrutin pour déterminer les règles d'attribution.

Selon le règlement existant, les pays de la région asiatique se voient attribuer 75 % des droits de vote, tandis que les pays extérieurs se partagent les 25 % restants. Des diplomates spécialistes des relations Chine-UE ont déclaré que si le nombre de pays extérieurs voulant rejoindre la banque était supérieur aux attentes, bien que seulement en qualité de contributeurs, cela pourrait déclencher de nouvelles discussions sur les règles de vote. « Nous voulons laisser la place à la consultation, plutôt qu'à la prise de décision unilatérale », a déclaré une source.

Le premier ministre australien Tony Abbott a déclaré le 14 mars à Sky News Australie : « Nous sommes toujours disposés à participer aux véritables institutions multilatérales comme la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, et j'espère que la banque d'investissement asiatique sera également une véritable institution multilatérale. »

Le 15 mars, le journal sud-coréen Hankyoreh a indiqué que bien que le pays puisse bénéficier de la banque asiatique d'investissement, le gouvernement s'aligne pour l'instant sur la position des Etats-Unis.

Un spécialiste des relations diplomatiques et financières sino-européennes a rappelé au journal que la banque asiatique d'investissement est axée sur les investissements dans les infrastructures et la construction dans les pays asiatiques, et que l'enthousiasme des pays européens pour l'initiative est en réalité le signe qu'ils y voient une occasion prometteuse de participer à l'internationalisation du yuan. « L'Europe voit dans la banque d'investissement asiatique un nouveau front de l'internationalisation du yuan », a-t-il déclaré.

Parmi les pays européens, la Grande-Bretagne a été la première à signer avec la Chine un accord de swap de devises, qui comprend la mise en place d'un mécanisme de compensation du yuans et l'émission d'obligations en yuans, ce qui a confirmé la place centrale de Londres dans le marché international du yuan en Europe.

Chen Xiaochen, chercheuse à l'Institut de finance Chongyang de l'Université Renmin de Chine, a noté que « l'Allemagne veut faire de Francfort un marché d'échange du yuan égal ou supérieur à Londres en Europe, et rejoindre la banque d'investissement est pour elle une belle opportunité à saisir. »



Source: china.org.cn
Mis à jour le 18-03-2015