Accueil

 

     

 

 
 
 

Dossiers spéciaux

 
 
 
                

Annick de Kermadec-Bentmann : la France cherche à équilibrer le commerce sino-français
 

 
Annick de Kermadec-Bentzmann, présidente de la Chambre de commerce et d'industrie française en Chine (CCIFC) pendant 8 ans, a été nommée présidente honorifique de l'organisation après avoir pris sa retraite l'année dernière.

Enfant métisse issue d'une famille d'aristocrates, elle a vécu presque 30 ans en Chine et a œuvré pour construire un pont dans les échanges culturels et la coopération économique et commerciale entre les deux pays.

Selon elle, les entreprises françaises investissent en Chine depuis de nombreuses années mais les investissements des entreprises chinoises en France n'en sont qu'à leurs prémisses. Prenant comme exemple le rachat du Club Med par le groupe chinois Fuxing, elle estime que les investissements d'entreprises chinoises dans ces clubs de vacances haut de gamme en France sont une idée innovante, à l'heure où les écarts importants entre la Chine et la France en matière d'investissement offrent un large espace de développement.

En outre, la France recèle d'abondantes opportunités d'investissement dans les domaines des produits agricoles et des technologies écologiques durables.

« Aujourd'hui, les Chinois qui voyagent et vivent en France sont de plus en plus nombreux. Aux Galeries Lafayette, on peut rencontrer beaucoup de Chinois, et même des vendeurs chinois ». C'est après avoir fait le constat de cet engouement des touristes chinois pour la France ces dernières années que la CCIFC, qui se spécialisait jusque-là dans l'exploration du marché chinois dans l'intérêt des entreprises françaises, a décidé d'élargir ses services.

Selon Annick de Kermadec-Bentzmann, la mission de la CCIFC est en train de changer. En plus d'aider les entreprises françaises à se développer en Chine, l'organisation souhaite également promouvoir les investissements chinois en France. « La CCIFC espère nouer des partenariats avec un nombre croissant d'entreprises chinoises et les aider à mieux connaître la France.

C'est aussi une attente du gouvernement français ». Si la CCIFC a installé des bureaux de représentants dans plusieurs villes chinoises il y a deux ans, c'est non seulement pour aider les entreprises françaises, mais aussi et surtout pour fournir des services informatiques aux entreprises chinoises désireuses d'investir en France.

« Nous prenons toujours de l'avance sur beaucoup d'autres pays pour attirer les investissements chinois, bien que nous soyons en retard par rapport à l'Allemagne », a reconnu le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius lors de sa visite en Chine en mai dernier. Nous nous efforcerons de nous hisser en tête du peloton en faisant preuve de modestie ». Annick de Kermadec-Bentzmann a confirmé que la CCIFC œuvrait actuellement à la réalisation de cet objectif.

D'après les statistiques de la Banque de France, fin 2012, les investissements étrangers directs réalisés par la France en Chine représentaient 16,7 milliards d'euros, alors que les investissements chinois en France n'atteignaient que 4,2 milliards d'euros, soit un quart des investissements français.

Les investissements français, qui représentent 1,83 % des investissements étrangers directs en Chine, sont largement supérieurs au montant des investissements chinois en France, et la part des investissements chinois en France (0,9 %) sur le total des investissements étrangers dans l'Hexagone est elle aussi bien inférieure.

Selon Annick de Kermadec-Bentzmann, ces chiffres montrent justement le grand potentiel de développement des investissements chinois en France, puisqu'« un plus grand nombre d'entreprises chinoises cherchent à s'internationaliser ». Témoin de la demande d'internationalisation des entreprises chinoises, la CCIFC travaille actuellement à mettre en place des plates-formes permettant aux investisseurs chinois de mener des missions d'études en France et de procéder à des échanges directs avec les entrepreneurs français.

« Aujourd'hui, les entreprises chinoises savent plus ou moins mal comment investir en France. Elles n'osent se lancer imprudemment compte tenu de la langue et des lois différentes », a constaté Annick de Kermadec-Bentzmann.

« A mon avis, il est très important que les patrons se rendent eux-mêmes en mission d'étude sur place pour connaître les conditions locales. C'est pour cela que la CCIFC a organisé de telles missions d'étude commerciales. Trouver des partenaires avec qui nous pourront aider les entreprises qui en ont besoin à organiser ce type d'activités contribuerait à une connaissance mutuelle plus approfondie et plus complète, et permettrait aux entreprises chinoises d'investir avec plus d'efficacité et de succès en France ».

Annick de Kermadec-Bentzmann a reconnu l'existence d'un grand déficit commercial entre la France et la Chine : « Le gouvernement français tente de trouver un équilibre, mais ce n'est pas facile car la réalité est que la plupart des produits achetés par nous sont fabriqués en Chine ».

Selon elle, la France s'efforce de fournir à la Chine les produits et les services dont elle a besoin : « La France excelle dans les domaines des technologies écologiques, des produits agricoles, mais aussi dans le secteur bancaire et l'aéronautique, qui sont des techniques et produits dont le marché chinois a besoin. La France est donc en train d'élaborer de nouvelles stratégies pour équilibrer la balance commerciale entre les deux pays ».



Source: china.org.cn
Mis à jour le 02-07-2014